https://books.google.tn/books?id=LNhGSnqk8ZcC&printsec=frontcover&hl=ar&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

 

Intervention de Mr Rachid Sfar au Forum Maghreb 2030.

Ancien Premier Ministre tunisien...Mai 2008

..""L’intégration économico sociale maghrébine devient une impérieuse

nécessité pour mieux relever ensemble tous les défis du moyen et du long

terme qui s’accumulent. Cette intégration est, à ce jour, nettement en

retard par rapport à d’autres régions du monde, mais elle peut et doit

emprunter des raccourcis pour accélérer le rythme de son édification en

parfaite synergie avec son partenaire principal l’Union européenne, mais

également avec les autres pôles de l’économie mondialisée.

Le Maghreb peut maintenant tirer, avec intelligence, un grand profit de

l’expérience des autres régions en évitant les erreurs et les insuffisances

et en optimisant les voies du succès.(le problème du Sahara trouvera sa

solution quand l’intégration avancera et commencera à apporter ses

fruits.)

Les études comparatives sur les résultats des intégrations

régionales avancées sont nombreuses, il faut les exploiter en ayant

toujours à l’esprit nos spécificités et en évitant deux erreurs majeures qui

ont été commises dans certaines régions : laisser s’installer voir

s’aggraver une fracture sociale et une fracture identitaire et ne papratiquer des politiques communes de vrai co-développement. Notre futur commun, pour relever les défis et lesmenaces, ne peut être construit d’une manière viable que sur la base,

d’une volonté commune forte autour d’une vision claire d’une société de progrès et d’ouverture.Une Société qui sans renier ses racines et ses vrais valeurs

musulmanes humanistes, fait de la cohésion sociale son primat

fondateur et du développement durable l’outil principal de

promotion et d’épanouissement de l’homme et de la femme dans un

Maghreb où il sera toujours agréable de vivre pour tous.

En terme plus concrets nous devons imaginer un Maghreb « objectif »

qui, à l’horizon 2030 aura éradiquer la pauvreté, l’analphabétisme et

l’extrémisme par un authentique développement régional intégré. Un

Maghreb qui en matière de critères de développement humain aura rejoint

ses partenaires du Nord les plus proches, Un Maghreb dont le moteur sera

une population jeune, innovante et créatrice de richesse.Une jeunesse

bien dans sa peau, valorisée par une nouvelle culture de l’entreprenariat

responsable, une culture de la tolérance et de la démocratie citoyenne et

une culture du dialogue permanent avec les autres peuples. Une société

Maghrébine consolidée et durablement stabilisée par une grande classe

moyenne bénéficiant d’un bien être raisonnable, bien motivée pour les

activités diversifiés auxquelles elle s’adonne, participant avec efficience à

l’action collective politique, sociale et culturelle : en un mot des

Maghrébins en 2030 fiers de leur appartenance à leur pays et à la région à

la construction de laquelle ils auront grandement contribué ; fiers

également, de la réussite mutuellement profitable des partenariats

multisectoriels qu’il auront développés avec l’Union Européenne.

Dans une telle perspective, les quatre libertés de circulation recherchées

(personnes, capitaux, biens, services) ne peuvent être que de simples

moyens, parmi d’autres. Elles ne peuvent apporter les résultats escomptés

pour la réalisation d’une vision commune d’un destin de prospérité

partagé que si elles étaient accompagnées par des politiques

multisectorielles communes de qualité, mise en oeuvre avec compétence.

Et je place la politique commune de formation des ressources humaines

au première loges. C’est avec des ressources humaines de haute qualité,

maîtrisant le savoir et le savoir faire qu’on relèvera tous nos défis.

Ainsi Le Maghreb Uni, qu’on se doit, de faire émerger avant 2030 en

synergie avec une Union Européenne qui aura tiré

véritablement toutesles leçons des résultats mitigés du Processus de Barcelone peut apporterla preuve que « le choc des civilisations » n’aura pas lieu et offrir au

monde un modèle de coopération régionale et intra- régionale renforcée

qui pallie aux défaillances actuelles de la gestion inefficiente de la

mondialisation.Il me semble approprié de réfléchir à notre futur régional commun tout

en ayant pleinement conscience de l’ampleur et de la complexité des défis

et des enjeux du monde que nous vivons.La Régionalisation n’est pas

antinomique de la globalisation et de la mondialisation, Elle n’efface pas

totalement les interdépendances devenues structurelles entre tous les pays

de notre planète. Une régionalisation réussie permet, seulement, de mieux

s’insérer dans la dynamique de la mondialisation pour tirer profit des

opportunités et tenter d’éviter, autant que ce peut ses dérives.

2030, avec l’accélération de l’histoire c’est demain !

Mais, c’est en même temps 22 prochaines longues années de labeur

intense pour tous, si nous voulons bâtir pour nos peuples un avenir

meilleur et si nous voulons placer les cinq pays de l’UMA dans l’orbite

de la convergence avec nos partenaires du Nord de la Méditerranée.

L’essentiel de l’effort nécessaire pour construire notre avenir ne peut

venir, en premier lieu, que d’une mobilisation nationale forte autour des

réformes nationales multisectorielles incontournables. Réformes qu’il

faudra, selon l’état des lieux de chaque pays, soit poursuivre et

parachever, soit entreprendre en accélérant leur mise en oeuvre

pour faireen sorte, qu’une convergence maghrébine, notamment législative et

réglementaire, puisse émerger rapidement dans divers domaines

notamment pour l’environnement des entreprises, les formalités

administratives, les facilitations pour les investissements intra

maghrébins et le développement d’un marché financier maghrébin.

Les avancés et l’expérience acquise, déjà, dans certains domaines par

deux pays de la région sera mise à la disposition des autres pays qui le

souhaitent pour accélérer une dynamique de l’harmonisation

mutuellement avantageuse. Une concertation permanente plus forte sur

les réformes futures sera éminemment précieuse et renforcera la

confiance fondement de tout travail commun. Les effets bénéfiques de

l’intégration maghrébine ne feront qu’appuyer et potentialiser les résultats

de l’effort national qui demeurera toujours déterminant.

Avant de vous présenter mes modestes réflexions sur la manière dont, il

convient de construire, ensemble, notre avenir en relevant les défis

communs, il me semble indispensable, de la part d’un homme de ma

génération, de saluer les efforts méritoires de tous ceux qui sont

aujourd’hui, dans nos pays respectifs, aux divers postes de commandes.

Il me tient à coeur d’exprimer plus particulièrement, aux éminents

successeurs dans les diverses responsabilités qu’ils assument, mes

encouragements et ma fierté pour les efforts qu’ils déploient dans un monde devenu plus complexe.

 

monde devenu plus complexe.

Prendre en compte les défis mondiaux pour mieux faire face aux

défis régionaux.

Cette première séance de notre Forum est plus particulièrement

consacrée à approfondir notre réflexion sur les réponses, qu’il

conviendrait d’apporter ensemble, aux grands défis et aux grandes

menaces auxquelles sont confrontés au même degré ou à des degrés

divers nos pays et nos régions.

Chacun, bien entendu, a une perception quelque peu différente de la

hiérarchie des défis qui nous attendent. Pour ma part, il me semble que

nous ne pouvons pas parler des défis propres à nos pays ou à notre région

sans nous remettre en mémoire, au préalable, les principaux défis qui sont

devenues mondiaux et d’une brûlante actualité :

Je citerai en premier lieu, en risquant d’étonner, lesdésordres dumarché financier i nternational qui ont pris une ampleur sans précédent, notamment, avec les dernières dérives des prêts hypothécaires à haut risques des établissements financiers américains qui ont été transformés en produits dits « dérivés » et « titritisés » sous forme d’obligations contaminant à des degrés divers le réseau bancaire mondial qui les avait achetés

Je rappelle en deuxième lieules problèmes de changements

climatiques générés par les grandes pollutions et leurs conséquences

qui ne peuvent être atténués que par des actions globales, mondiales et

urgentes acceptées et mises en oeuvre en premier lieu par les gros

pollueurs. Si l’Europe s’est fixé un programme volontariste en la matière,

les Etats-Unis et la Chine tardent encore à s’engager résolument sur les

mesures pourtant minimalistes du programme de Kyoto.

Je cite, parmi les défis mondiaux, en troisième lieule problème de la

flambée des prix des produits alimentaires de bases et les politiques

agricoles inadéquates à l’échelle mondialequi ont conduit, avec

d’autres facteurs certes, à la situation que vit aujourd’hui notre monde

sans réaction notable et significative, jusqu’ici, de ce qu’on appelle la

Communauté Internationale. Pourtant les propositions concrètes ne

manquent pas.

-Le Président de la Banque Mondiale,Robert Zoellick a proposé,

comme vous le savez, sans résultat, une mobilisation urgente de fonds qui

viendrait d’une contribution de 1% des montants accumulés par les

« Fonds Souverains » pour mettre à la disposition du développement de

l’Afrique notamment quelques 30 milliards de $.

-Mon pays la Tunisie a proposé au cours du moisd’avril dernier, d’envisager une contribution de 1 $ par baril de pétrole àverser au Fond Mondial de Solidarité des Nations Unies pour notammentfaire face aux situations de grandes urgences. Il a reçu un appui total du Secrétaire Général des Nations Unies, du Président Groupe des 77 et

d’autres instances.

Je cite en quatrième lieu, parmi les défis mondiaux qui handicapent plus particulièrement les pays du Sud méditerranéens,les infractions

flagrantes au règles du droit international qui régissent les relations

internationales infractions qui expliquent, avec l’aggravation des

inégalités et de la pauvreté, la flambée du terrorisme alimenté par les

sentiments de frustration et par la pérennisation de la fameuse règle

honteuse des deux poids et deux mesures » aussi bien dans le domaine

politique, qu’économique et financier. Je me limite à ces quatre grands défis mondiaux, qui me semblent déjàédifiants pour démonter, qu’on ne peut pas faire l’impasse, à l’occasiond’une réflexion prospective régionale au XXIe siècle, sur «l’urgence de

l’émergence d’une bonne gouvernance mondiale légitime et

démocratique» combien nécessaire pour gérer les domaines nombreux

que l’État-Nation issu du XXe siècle est aujourd’hui incapable de gérer

seul.

Les scénarios particuliers qu’on peut envisager pour le futur de nos

pays et pour notre région Maghrébine ou Euro méditerranéenne ne

peuvent pas être élaborés sans nous référer à des scénarios relatifs à

l’évolution du mode de gouvernance à l’échelle mondiale. A ce titre, la

plupart des études de prospectives mondiales envisagent trois grands

scénarios pour la gouvernance mondiale à l’horizon 2030 :

«le scénario du statut quo » avec les conséquences les plus sombres,

«le scénario d’une réforme « molle » des instances internationales » sans

effets décisifs pour relever les défis mondiaux et enfin «

le scénario d’uneréforme radicale du système des Nations Unies et du système de BrettonWoods »avec la création d’un « Conseil mondial de Sécurité

économique, financière et sociale »pour une coordination générale plus

efficiente à la place d’un G8 sans légitimité et sans efficacité.

Comme il y a très peu de chance, selon de très nombreux analystes,

que des changements significatifs puissent intervenir au niveau de

l’amélioration de la gouvernance mondiale, je propose que notre réflexion

prospective à l’horizon 2030 pour notre région table sur

le scénario du statut quo de la gouvernance mondiale.

En matière de prospective les spécialistes disent : « il faut penser au pire pour s’employer à s’en prémunir ».

Ainsi, et dans le cadre d’une gouvernance mondiale inefficiente qui

continuera à régir les relations internationales quels sont les principales

menaces et les grands défis spécifiques pour lesquels notre région doit se

préparer ? Je vais me limiter à un survol des stratégies qu’il conviendrait

d’élaborer en commun pour faire face à trois grands défis que j’estime

majeurs.

Un grand Programme de développement Agricole et rural durable

pour le Maghreb.

Je mettrai en premier lieu, de nos défis, la sécurité alimentaire conçue

comme la capacité de nos pays et de notre région à rendre disponible à

nos populations des biens alimentaires répondant aux normes sanitaires et

à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des différentes catégories :

Cela pose tout de suite les problématiques

d’un grand chantier du développement agricole et rural durable et économe en eau pour toute la région Euro- Méditerranéenne pour les deux prochaines

décennies.

L’Union Européenne peut elle s’exonérer d’une implicationplus grande et plus significative pour mettre en oeuvre avec les pays du Sud de la Méditerranée

un grand programme de Développement de la productivité agricole, agro-alimentaire et de maîtrise des techniques d’irrigation économe en eau pour les pays de son Sud avec ses volets Formation, Recherche et développement axé essentiellement sur lasélection des semences et plants adaptés aux zones arides ainsi que lalutte contre la désertification. Quels moyens financiers supplémentaires,

l’UE est-elle disposée à mettre sur la table pour gagner ensemble le pari

de la sécurité alimentaire d’ici l’horizon 2030 avec un Maghreb de plus

100 millions d’habitants ?

Pour relever les défis du changement climatique et celui de la sécurité

alimentaire les cinq pays du Maghreb devraient, à mon sens, décréter

d’urgence la faisabilité du

Maghreb agricole et rural durable avec toute ses composantes : marché commun agricole maghrébin, mise en synergietotale des moyens de formation et de recherche, développement agricoleconcerté et coordonné, ouverture totale aux investissements réciproquesdans les sociétés de développement agricoles et de développement rural

intégré. La création d’unFond maghrébin pour le développement agricole, agro-alimentaire de développement régional intégré et pour l’appui à la recherche

devrait être mise à l’étude. Un tel Fond pourrait être alimenté par une contribution annuelle de chaque pays membre de l’UMA de l’ordre de 0,25 du PIB de chaque pays. (

sur la base d’un PIB maghrébin estimé à quelques 303 milliards de dollar en 2007 cela donnera une dotation annuelle de l’ordre de 750 millions de dollars)

Avec un plan d’action précis, une stratégie de mise en oeuvre efficace et un suivi rigoureux on incitera certainement des pays donateurs conscients des enjeux à abonder l’effort financier maghrébin et à le multiplier par deux. La révolution verte du Maghreb peut devenir,alors,une réalité en marche. L’économie de la connaissance (

y compris les TICbien entendu ) aura toute sa place pour valoriser l’agriculture du Maghreb de demain.

Le Maghreb de l’Energie est déjà en marche

.Je place en second lieu le défi de la sécurité énergétique : Le Maghreb

de l’énergie est aujourd’hui une réalité qui ne cesse d’avancer. En matière

de garantie d’approvisionnement pour l’horizon 2030 et dans le cadre des

intérêts mutuels bien compris, les deux pays maghrébins exportateurs

devraient pouvoir, par le biais de contrats de livraisons à moyen et long

terme, assurer l’approvisionnement des trois autres pays de manière telle

que l’ensemble du Maghreb soit sécurisé sur le long terme.. Le secteur

par ailleurs offre de très larges possibilités de partenariat maghrébin et

euro méditerranéen tant dans le domaine de la prospection pétrolière et

gazière, que dans le raffinage et la distribution. La coopération déjà

existante dans le domaine de l’interconnexion des réseaux électriques

devrait pour être optimisée s’étendre à une forte concertation sur les

programmes lourd du moyen et long terme relatif à la production

d’électricité, soit pour les turbines à gaz ou pour les turbines mixte gazsolaire

ou pour le nucléaire civil ou on peut imaginer des projets

communs.

Le solaire et l’éolien devraient offrir des opportunités considérables

pour les pays du Maghreb pour un travail en commun depuis la

recherche-développement jusqu’à la production des équipements pour les

besoins locaux et l’exportation notamment en Afrique.

Construire le Maghreb par la diffusion de la maîtrise de la

connaissance et du savoir faire.

La transition démographique dans notre région est à la fois un défi et

un atout : durant les deux prochaines décennies dans les cinq pays de

l’UMA la population dans la tranche 16-60 ans continuera à augmenter (

sauf pour la Tunisie ou probablement une décélération commencera vers

2016). Ce sera un atout si nous arrivons à créer une adéquation qualitative

et quantitative entre les créations d’emploi et notamment les sorties de

notre système éducatif et de formation. Ce sera un atout si graduellement

on réussi à faire baisser le chômage, notamment celui des jeunes en

augmentant les créations annuelles d’emplois d’au moins 30% par an

pour arriver vers 2030 à un taux moyen de chômage se rapprochant de la

moyenne européenne. C’est, l’un de nos grands paris, et il est impératif

de le gagner. Cela sera difficile mais non impossible. Cela passe, entre

autres, par une

mise à niveau rapide et de grande envergure de notre système éducatif et de formation.

Certes nos Pays ont engagé, à desrythmes divers, de grandes réformes, dont la mise en oeuvre se poursuit. Ilappartient bien entendu à chaque pays de définir son propre parcours de réformes. Certes nous disposons, les uns et les autres, d’un noyau

d’excellents universitaires et enseignants ! Mais dans ce que je propose,

ils’agit d’une mise à niveau de ce qui peut être réalisé en commun et

qui vise, essentiellement, l’élargissement du champ de l’excellence.

Ace titre, il s’agit de s’employer à bien choisir et à faire évoluer sans

complexe notamment dans les sciences exactes, les sciences appliquées,

la technologie, l’ingénierie, le management des entreprises et la gestion

administrative ce que l’Europe, l’Amérique ou même l’Asie a de

meilleur. Cela veut dire que nous devons choisir nos partenariats dans les

Universités, les Instituts, les Grandes écoles et les Centres de formation

Professionnelles et Technologiques parmi les Etablissements étrangers les

mieux classés, ou les mieux cotés de par le monde avec l’ambition de voir

avant 2030 au moins 25% de nos propres institutions figurant dans le

classement mondial de ce qui est devenu une sorte de marché mondial de

la Formation.

Sans cette mise à niveau accélérée de nos ressources humaines vers

l’excellence, on ne pourra pas développer à temps, nos jeunes pôles de

compétitivité, pour en faire des centres pour l’innovation, la créativité, la

multiplication et l’agglomération des grappes d’entreprises compétitives.

Pour gagner la bataille de la compétitivité avec nos partenaires

européens c’est la qualité, les compétences et le savoir faire de nos

Ressources humaines qui seront notre principal avantage comparatif,

notre principal atout durable s’ajoutant à notre proximité géographique de

l’Europe à un moment où le coût de l’énergie va inéluctablement

renchérir de nouveau le coût du transport des produits en provenance des

zones lointaines.

Il me semble que c’est à travers un grand et ambitieux projet de

valorisation de nos ressources humaines que nous devons tester, la

volonté de nos partenaires européens d’allez de l’avant avec nous. Nous

leur disons donc un grand bravo pour une Union pour la Méditerranée

axée sur la réalisation de «projets concrets et structurants » qui peut être

un Barcelone Plus. Mais, parallèlement, aux autoroutes maritimes et

autres projets physiques, le projet prioritaire le plus structurant, que nous

devons réaliser au cours des cinq prochaines années devrait être, de mon

point de vue,

un grand projet de mise à niveau vers l’excellence de nos

Universités, de nos Instituts, de nos Grandes Ecoles, de Nos Centres

de recherches et de nos pôles de compétitivité,de nos pépinières de

création d’entreprise, ainsi que de nos Centres de formations

professionnelles.

Cofinançons un tel projet en y incluant une grande université Virtuelle Euro-Maghrébine diplômante pour la formation à distance dans des disciplines à définir.Avec un tel projet l’Union pour la Méditerranée donnera un signal très

fort à la Jeunesse du Maghreb et des autres Pays du Sud de la

Méditerranée et ce faisant donnera une crédibilité accrue à l’ensemble des

projets qui seront engagés.L’Union pour la Méditerranée pourra affirmer

qu’elle est née sous le signe de la diffusion de la connaissance et du

savoir au service de la paix et de la prospérité pour tous.

Si l’Union Européenne ne saisit pas cette chance pour réaliser, avec

nous, ce grand projet historique; nous ne devrions pas baisser les bras. Il

me semble, qu’il sera impératif pour l’avenir de nos pays de nous

employer à entreprendre ce projet commun par le biais d’un Fond

Commun Maghrébin ad hoc à créer : On l’appellera par exemple «

leFond Maghrébin Ibn-Khaldoun pour la maîtrise du Savoir

». Cela me paraît hautement prioritaire et pourrait à juste titre nous conduire à dire

que nous construisons notre Maghreb par la maîtrise du savoir ce que n’a

cessé de recommander Ibn-Khadoun. Dans l’alternative d’un Maghreb

qui compte avant tout sur ses propres potentialités les modestes noyaux

d’universités virtuelles que nos pays ont commencé à réaliser seraient à

mettre en pool ou à fusionner et le parachèvement de travaux en cours

sera accéléré par une mise en commun des moyens et par des aides

bilatérales des pays amis qui choisiront de participer à cette belle

aventure avec nous.

Trois scénarios pour le Maghreb à l’horizon 2030.

Je ne veux pas accaparer la parole outre mesure, je pense que d’autres

personnalités éminentes ont des propositions plus pertinentes pour relever

nos défis communs et sécuriser notre futur et je suis impatient de les

entendre. Je veux terminer cet exposé par une dernière suggestion :Ce

n’est pas en deux jours qu’ont peu élaborer une étude prospective pour le

devenir du Maghreb à l’horizon 2030. ........""

 








 

Un grand Programme de développement Agricole et rural durable

pour le Maghreb.

Je mettrai en premier lieu, de nos défis, la sécurité alimentaire conçue

comme la capacité de nos pays et de notre région à rendre disponible à

nos populations des biens alimentaires répondant aux normes sanitaires et

à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des différentes catégories :

Cela pose tout de suite les problématiques

d’un grand chantier du développement agricole et rural durable et économe en eau pour toute la région Euro- Méditerranéenne pour les deux prochaines

décennies.

L’Union Européenne peut elle s’exonérer d’une implicationplus grande et plus significative pour mettre en oeuvre avec les pays du Sud de la Méditerranée

un grand programme de Développement de la productivité agricole, agro-alimentaire et de maîtrise des techniques d’irrigation économe en eau pour les pays de son Sud avec ses volets Formation, Recherche et développement axé essentiellement sur lasélection des semences et plants adaptés aux zones arides ainsi que lalutte contre la désertification. Quels moyens financiers supplémentaires,

l’UE est-elle disposée à mettre sur la table pour gagner ensemble le pari

de la sécurité alimentaire d’ici l’horizon 2030 avec un Maghreb de plus

100 millions d’habitants ?

Pour relever les défis du changement climatique et celui de la sécurité

alimentaire les cinq pays du Maghreb devraient, à mon sens, décréter

d’urgence la faisabilité du

Maghreb agricole et rural durable avec toute ses composantes : marché commun agricole maghrébin, mise en synergietotale des moyens de formation et de recherche, développement agricoleconcerté et coordonné, ouverture totale aux investissements réciproquesdans les sociétés de développement agricoles et de développement rural

intégré. La création d’unFond maghrébin pour le développement agricole, agro-alimentaire de développement régional intégré et pour l’appui à la recherche

devrait être mise à l’étude. Un tel Fond pourrait être alimenté par une contribution annuelle de chaque pays membre de l’UMA de l’ordre de 0,25 du PIB de chaque pays. (

sur la base d’un PIB maghrébin estimé à quelques 303 milliards de dollar en 2007 cela donnera une dotation annuelle de l’ordre de 750 millions de dollars)

Avec un plan d’action précis, une stratégie de mise en oeuvre efficace et un suivi rigoureux on incitera certainement des pays donateurs conscients des enjeux à abonder l’effort financier maghrébin et à le multiplier par deux. La révolution verte du Maghreb peut devenir,alors,une réalité en marche. L’économie de la connaissance (

y compris les TICbien entendu ) aura toute sa place pour valoriser l’agriculture du Maghreb de demain.

Le Maghreb de l’Energie est déjà en marche

.Je place en second lieu le défi de la sécurité énergétique : Le Maghreb

de l’énergie est aujourd’hui une réalité qui ne cesse d’avancer. En matière

de garantie d’approvisionnement pour l’horizon 2030 et dans le cadre des

intérêts mutuels bien compris, les deux pays maghrébins exportateurs

devraient pouvoir, par le biais de contrats de livraisons à moyen et long

terme, assurer l’approvisionnement des trois autres pays de manière telle

que l’ensemble du Maghreb soit sécurisé sur le long terme.. Le secteur

par ailleurs offre de très larges possibilités de partenariat maghrébin et

euro méditerranéen tant dans le domaine de la prospection pétrolière et

gazière, que dans le raffinage et la distribution. La coopération déjà

existante dans le domaine de l’interconnexion des réseaux électriques

devrait pour être optimisée s’étendre à une forte concertation sur les

programmes lourd du moyen et long terme relatif à la production

d’électricité, soit pour les turbines à gaz ou pour les turbines mixte gazsolaire

ou pour le nucléaire civil ou on peut imaginer des projets

communs.

Le solaire et l’éolien devraient offrir des opportunités considérables

pour les pays du Maghreb pour un travail en commun depuis la

recherche-développement jusqu’à la production des équipements pour les

besoins locaux et l’exportation notamment en Afrique.

Construire le Maghreb par la diffusion de la maîtrise de la

connaissance et du savoir faire.

La transition démographique dans notre région est à la fois un défi et

un atout : durant les deux prochaines décennies dans les cinq pays de

l’UMA la population dans la tranche 16-60 ans continuera à augmenter (

sauf pour la Tunisie ou probablement une décélération commencera vers

2016). Ce sera un atout si nous arrivons à créer une adéquation qualitative

et quantitative entre les créations d’emploi et notamment les sorties de

notre système éducatif et de formation. Ce sera un atout si graduellement

on réussi à faire baisser le chômage, notamment celui des jeunes en

augmentant les créations annuelles d’emplois d’au moins 30% par an

pour arriver vers 2030 à un taux moyen de chômage se rapprochant de la

moyenne européenne. C’est, l’un de nos grands paris, et il est impératif

de le gagner. Cela sera difficile mais non impossible. Cela passe, entre

autres, par une

mise à niveau rapide et de grande envergure de notre système éducatif et de formation.

Certes nos Pays ont engagé, à desrythmes divers, de grandes réformes, dont la mise en oeuvre se poursuit. Ilappartient bien entendu à chaque pays de définir son propre parcours de réformes. Certes nous disposons, les uns et les autres, d’un noyau

d’excellents universitaires et enseignants ! Mais dans ce que je propose,

ils’agit d’une mise à niveau de ce qui peut être réalisé en commun et

qui vise, essentiellement, l’élargissement du champ de l’excellence.

Ace titre, il s’agit de s’employer à bien choisir et à faire évoluer sans

complexe notamment dans les sciences exactes, les sciences appliquées,

la technologie, l’ingénierie, le management des entreprises et la gestion

administrative ce que l’Europe, l’Amérique ou même l’Asie a de

meilleur. Cela veut dire que nous devons choisir nos partenariats dans les

Universités, les Instituts, les Grandes écoles et les Centres de formation

Professionnelles et Technologiques parmi les Etablissements étrangers les

mieux classés, ou les mieux cotés de par le monde avec l’ambition de voir

avant 2030 au moins 25% de nos propres institutions figurant dans le

classement mondial de ce qui est devenu une sorte de marché mondial de

la Formation.

Sans cette mise à niveau accélérée de nos ressources humaines vers

l’excellence, on ne pourra pas développer à temps, nos jeunes pôles de

compétitivité, pour en faire des centres pour l’innovation, la créativité, la

multiplication et l’agglomération des grappes d’entreprises compétitives.

Pour gagner la bataille de la compétitivité avec nos partenaires

européens c’est la qualité, les compétences et le savoir faire de nos

Ressources humaines qui seront notre principal avantage comparatif,

notre principal atout durable s’ajoutant à notre proximité géographique de

l’Europe à un moment où le coût de l’énergie va inéluctablement

renchérir de nouveau le coût du transport des produits en provenance des

zones lointaines.

Il me semble que c’est à travers un grand et ambitieux projet de

valorisation de nos ressources humaines que nous devons tester, la

volonté de nos partenaires européens d’allez de l’avant avec nous. Nous

leur disons donc un grand bravo pour une Union pour la Méditerranée

axée sur la réalisation de «projets concrets et structurants » qui peut être

un Barcelone Plus. Mais, parallèlement, aux autoroutes maritimes et

autres projets physiques, le projet prioritaire le plus structurant, que nous

devons réaliser au cours des cinq prochaines années devrait être, de mon

point de vue,

un grand projet de mise à niveau vers l’excellence de nos

Universités, de nos Instituts, de nos Grandes Ecoles, de Nos Centres

de recherches et de nos pôles de compétitivité,de nos pépinières de

création d’entreprise, ainsi que de nos Centres de formations

professionnelles.

Cofinançons un tel projet en y incluant une grande université Virtuelle Euro-Maghrébine diplômante pour la formation à distance dans des disciplines à définir.Avec un tel projet l’Union pour la Méditerranée donnera un signal très

fort à la Jeunesse du Maghreb et des autres Pays du Sud de la

Méditerranée et ce faisant donnera une crédibilité accrue à l’ensemble des

projets qui seront engagés.L’Union pour la Méditerranée pourra affirmer

qu’elle est née sous le signe de la diffusion de la connaissance et du

savoir au service de la paix et de la prospérité pour tous.

Si l’Union Européenne ne saisit pas cette chance pour réaliser, avec

nous, ce grand projet historique; nous ne devrions pas baisser les bras. Il

me semble, qu’il sera impératif pour l’avenir de nos pays de nous

employer à entreprendre ce projet commun par le biais d’un Fond

Commun Maghrébin ad hoc à créer : On l’appellera par exemple «

leFond Maghrébin Ibn-Khaldoun pour la maîtrise du Savoir

». Cela me paraît hautement prioritaire et pourrait à juste titre nous conduire à dire

que nous construisons notre Maghreb par la maîtrise du savoir ce que n’a

cessé de recommander Ibn-Khadoun. Dans l’alternative d’un Maghreb

qui compte avant tout sur ses propres potentialités les modestes noyaux

d’universités virtuelles que nos pays ont commencé à réaliser seraient à

mettre en pool ou à fusionner et le parachèvement de travaux en cours

sera accéléré par une mise en commun des moyens et par des aides

bilatérales des pays amis qui choisiront de participer à cette belle

aventure avec nous.

Trois scénarios pour le Maghreb à l’horizon 2030.

Je ne veux pas accaparer la parole outre mesure, je pense que d’autres

personnalités éminentes ont des propositions plus pertinentes pour relever

nos défis communs et sécuriser notre futur et je suis impatient de les

entendre. Je veux terminer cet exposé par une dernière suggestion :Ce

n’est pas en deux jours qu’ont peu élaborer une étude prospective pour le

devenir du Maghreb à l’horizon 2030. Cela ne diminue en rien le grand

mérite de ce Forum qu’on peut qualifier sans complaisance comme étant

le Forum fondateur du travail prospectif collectif maghrébin

. Celaveut dire que nous devons trouver un moyen pour que ce travail se fasse

de manière continue et approfondie : dans une première étape je

préconise, qu’en coopération avec le Secrétariat Général de l’UMA, le

Haut Commissariat au Plan du Royaume du Maroc, s’il le souhaite,

constitue une petite équipe multidisciplinaire d’experts maghrébins pour

préparer une première étude prospective sur « le Maghreb 2030 ». Cette

équipe explorera au moins trois scénarios probables et leurs conséquences

dans les différents domaines en prenant en compte une définition

rigoureuse et une hiérarchisation adéquate des différentes variables.

Ces trois scénarios pourraient concerner :

-Le scénario d’un« Maghreb non intégré » qui continu la tendance du

passé.

-Le scénario d’un «Maghreb de la coopération bilatérale

généralisée et renforcée notamment par l’optimisation en phase de

croisière de la Zone de l’accord d’Agadir»

-et enfin le scénario d’un «Maghreb fortement intégré » sur le plan

économique, social et culturel avec un véritable marché commun et une

monnaie commune.

Ce travail sera destiné essentiellement à compléter les études déjà

entreprises sur les coûts du non Maghreb dans lesquelles les perspectives

du long terme n’ont pas été prises suffisamment en compte ni à fortiori

les défis communs aux pays du Maghreb qu’ils soient d’ordre

sécuritaires, politiques, sociétal, culturel, ou socio-économiques.


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